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jeudi 13 février 2014

Vision trouble (société, économie)




Combien de notes sur les scandales politiques, financiers, sur la corruption et la mauvaise gestion des fonds publics? Combien d’articles de journaux, de bulletins de nouvelles, d’émissions de radio?

Je vis au Québec, dans l’agglomération de Montréal. Une grande ville qui repose sur des réalisations modernes durant la foulée des grands projets des années 1950 aux années 1970.
Des années où tout semblait à bâtir.
Des échangeurs gigantesques, un stade de renommée internationale, des gratte-ciels, un métro sous-terrain à la fine pointe de la technologie. 
Des barrages hydro-électriques phénoménaux. 
Un pont-tunnel, un pont Champlain, un pont de la Concorde, une exposition internationale. Rien ne semblait pouvoir arrêter les bâtisseurs.
La démesure était un concept qui ne s’appliquait plus. Nous étions un peuple de géants bâtisseurs.

La corruption existait déjà, nous en fûmes témoins.
Elle n’empêchait pas les projets de voir le jour.
La prospérité était là pour qui voulait travailler et y croire.
Que s’est-il passé?

Pour qu’aujourd’hui tous les ponts soient en travaux et menacent de s’écrouler...
Je n’exagère pas, sur les cinq ponts qui desservent la Rive-Sud, quatre étaient réduits à une seule voix il y a quelques semaines. Je me suis fait prendre plusieurs fois dans des bouchons aux petites heures du matin en revenant de travailler sur des chantiers de nuit.
Le seul pont en bon état, c’est le pont Victoria, ouvert en 1859.
Nos infrastructures croulent, les procès de corruption abondent, et rien ne semble vouloir bouger.
Il faut remplacer les ponts sinon Montréal étouffera. C’est la catastrophe.


Alors on crée des commissions, on fait des études, on tergiverse.
On propose des solutions qui coûteront cher, très chers.
On annonce aussi que les contribuables devront payer plus.
Mais je vois…
Des infrastructures majestueuses, des milliers de tonnes de béton à l’abandon.
Je vois un parc olympique sous-utilisé, parfois presque à l’abandon.
Je vois la biosphère, dont le gouvernement vient de fermer le musée de l’environnement où des gens passionnés et engagés travaillaient, immobile dans la neige.
Je vois des salles immenses, à l’abandon, sous le pont Jacques-Cartier.

Des citoyens ont proposé comme solution de remplacement pour le nouveau pont Champlain, un pont aménagé qui pourrait comporter des commerces et des espaces de vie publique.
Voilà qui pourrait rentabiliser le pont et le rendre plus attrayant. Occuper ces structures gigantesques, utiliser le béton et la surface pour que tous puissent en profiter.

En fait, ce que je constate dans cette note, c’est le manque de vision des élus et de la population en général.

Lorsque les étudiants sont descendus dans la rue, on les a condamnés immédiatement, sans essayer de voir quelles étaient leurs revendications. Notre société refuse de voir.
Voir que ça ne va pas, mais on s’en doute. Mais surtout, ne pas vouloir changer quoi que ce soit à un système qui est voué à s’écrouler, emportant tout avec lui.
Pourquoi ne pas faire exception et ne pas attendre d'être pris à la gorge, enfin « prévoir »? Puisque tout est dans ce mot : voir au loin, s’y prendre avant qu’il soit trop tard, prévenir, prévoir!

Notre société considère que les écrivains, les artistes et les philosophes ne sont plus nécessaires. « Ce ne sont pas eux qui construisent notre société ».
«Ce ne sont pas eux qui nous permettent de développer des technologies de pointe ».
Bref, les sciences humaines ne sont pas là pour nous rendre prospères. Ce sont des fumistes Bohême qui dépensent leurs acquis facilement, n’ayant qu’à vivre aux crochets de la société.

Collectivement, nous devons trouver des solutions novatrices et originales. Nous devons récupérer ce qui existe déjà, recycler, regarder ce qui est déjà en notre possession et se le réapproprier. Créer avec des yeux nouveaux.
Pourtant, les universités et les collèges produisent des milliers d’ingénieurs et de techniciens plus doués les uns que les autres.
Malheureusement, nos universités et nos collèges produisent des nains aveugles.
Rien d’ambitieux, qui changera le monde d’une façon spectaculaire.
C’est ce que nos gouvernements souhaitent. C’est ce qu’ils achètent.


Pas de philosophie, pas d’éthique.
Pas de visions éclatées qui nous permettent de voir autre chose que nous ne connaissons pas.
Nous avons créé des usines à moules et en sommes devenus prisonniers.
Comment fait-on pour briser un moule?
Je pose la question?

Il ne faut pas brimer les rêveurs, il faut les cultiver pour s’en inspirer.

lundi 4 février 2013

-Comme une pièce… D’évidence (Politique, Société)


La nausée…
Parce que encore et encore.
Comme le film du jour de la marmotte.
Newton, 14 décembre.
Une école comme les autres. Paisible à l’heure des cours, turbulente durant les récréations, pleine d’espoirs et de passions naissantes.
Des détonations, des cris. Des pleurs.
L’horreur.
Un réveil brutal.



Quand va-t-on réaliser que des armes conçues pour la guerre ne doivent pas être en circulation à portée de toutes les mains?
J’ai le droit de conduire une automobile. À la rigueur, je peux même m’acheter un Hummer. Mais ai-je le droit d’avoir un tank?
En fait, est-ce que la question se pose???
Même le Governator, Monsieur Schwarzenegger est d’accord pour dire qu’il faut un plus grand contrôle des armes à feu.
Les statistiques confirment qu’il y a un sérieux problème aux É.-U.
La comparaison avec les autres pays industrialisés est sans pitié.
Et vous savez quoi?
Nous sommes voisins.
Nos gangs de rues, et nos criminels s’approvisionnent où d’après vous?
Une arme à feu entreposée à la maison est 43 fois plus susceptible de tuer quelqu’un y vivant que de tuer en cas de défense légitime.
Une arme à feu entreposée à la maison triple le risque d’homicide.
Le risque de suicide est cinq fois plus grand dans les foyers où il y a des armes à feu.
Aux États-Unis, on compte plus d’un meurtre toutes les heures.
Il y a un nouveau Newton toutes les 28 heures…
Parce que 28 victimes s’éteignent de façon violente toutes les 28 heures.
Heure par heure.
Un nouveau Newton…

L’argument des gens pour les armes à feu; les États-Unis ne sont pas le pays où il y a le plus de meurtres par armes à feu.
Les comparaisons sont faites avec des pays comme la Sierra Leone. Des pays ou la corruption et le chaos font partie du quotidien. Y vivre ou y mourir tient à bien peu de choses.
C’est un peu comme se demander si on peut se procurer un tank comme véhicule civil.
Ça ne tient pas la route.
Ça la défonce.
En fait, posséder une arme à feu n’est pas très différent de posséder une automobile.
Un fou furieux pourrait très bien utiliser son auto pour foncer dans une foule.
Régulièrement, un inconscient se sert de son auto de façon extrêmement dangereuse. Des vies s’éteignent, ou sont mutilées à jamais.
Mais voilà. Il y a réellement un contrôle des automobiles, avec une société pour s’en occuper.
Pourquoi pas la même chose pour les armes à feu.
En fait, chez nous, la SAAQ s’occupe aussi de la carte d’assurance maladie.
Pourquoi ne pourrait-elle pas faire ça aussi?
Ça nous ferait une belle grosse banque de données, pas trop dispendieuse.
Nos policiers pourraient utiliser cet outil. Certes, il y aurait encore des meurtres, mais au moins pas des carnages en règles.
Nous ne sommes pas près de comprendre pourquoi nous attendons l’impensable avant d’agir.
Newton risque de se reproduire encore et encore avant que nous puissions voir de réels engagements à changer les choses.

En passant, c’est moi où il y a de plus en plus de conducteurs agressifs sur les routes?

dimanche 20 janvier 2013

-Suicide marin…(société)


Nous retournons, chaque année, redécouvrir les lanternes chinoises.
Le jardin chinois est déjà splendide par lui-même. Les lanternes ne font qu’ajouter au délice et à la magie.
Ce peuple, que je trouve énigmatique, sera peut-être celui qui nous amènera la solution pour bien des déboires écologiques.
Industrieux, ambitieux, mais peu enclin à réaliser l’impact des ses actes sur l’écosystème.

Pourtant.

Comment fait-on pour gérer un milliard d’êtres humains?
La logistique et l’administration d’un pays aussi peuplé nous échappent. Nous ne pouvons à peine commencer à imaginer l’ampleur d’une tâche aussi titanesque.

Être chinois, c’est comprendre la futilité de l’être humain.



Sur le site du Jardin botanique, nous avons visité le camp de base du voilier Sedna IV. Dans le bâtiment, une exposition des plus intéressantes.
Des enjeux, une volonté de faire connaitre la biosphère et les nombreux défis qui la menacent.
Puis l’innommable.

Les continents de plastiques.

La découverte de millions de tonnes de déchets s’accumulant dans les gyres de la planète. Il y a 5 gyres en tout,  sorte de vortex alimentés par les courants marin.

On retrouve énormément de déchets volumineux sur les côtes, mais les déchets retrouvés dans les continents de plastique sont partiellement décomposés à l’état de microdéchets. 
Ils flottent entre deux eaux, pratiquement invisibles de la surface. Mais les mammifères et les poissons qui se nourrissent de plancton les absorbent et en meurent. Si le poisson ne meurt pas avant d’être pêché, la concentration de DDT y est très élevée.


Un de ces continents, par exemple, couvre 700 000 km² d’océan où la densité du plastique est 6 fois supérieure à celle du plancton.
Même s’ils se sont dégradés en microdéchets,  les particules de plastique prendront 500 ans pour se décomposer.
Comme nous ne sommes pas près de diminuer notre production et nos habitudes de façon globale, qui sait l’ampleur que prendra ce phénomène?
Pour rendre ce désastre encore plus cauchemardesque, comme le problème est principalement localisé en eaux internationales, qui voudra s’en occuper? Quels pays voudront fouiller dans leurs caisses, alors que leurs populations grognent, écoeurées des profits obscènes engrangés par les banques, de la corruption, de la collusion et de leurs capacités de plus en plus réduites à se prévaloir d’une belle qualité de vie.

Qui sait.

Peut-être la chine sera-t-elle la seule à pouvoir nous donner la solution.
Les problèmes de cette ampleur sont une normalité pour ses dirigeants.
Cette nation belliqueuse qui tente de s’imposer par tous les moyens, militaire, économique… Pour qui la biodiversité n’est pas importante, au même titre que les autres nations pouvant freiner son expansion comme les Tibétains.

Cette nation assoiffée de pouvoir sera peut-être celle qui nous sauvera.

Mais voilà… 

Nous sommes à perpétrer un suicide marin collectif et notre seul ami voudrait bien nous voir ramper à ses genoux.

Y a-t-il quelqu’un qui connaitrait le numéro d’une ligne de prévention du suicide mondiale?



jeudi 10 janvier 2013

-Le cirque des bien pensants présente : la bêtise planifiée qu’on est forcé d’avaler…. (société)



Dans la presse du 3 janvier 2013, un petit encart…
Discret.
Sympathique même.
Avec un joli petit logo minimaliste et efficace.
Un survol rapide permet de comprendre que les ampoules DEL ont fait des pas de géants.
Un produit impressionnant par son rendement énergétique et sa durabilité.

(Bruit de disque en vinyle qu’on vient de rayer)…

La toute fin de l’article mentionne qu’en fait, il s’agit d’une forme d’obsolescence planifiée puisque 3M produira en grande quantité des ampoules DEL dotées d’une durée de 1000 heures.
Sachez que les ampoules DEL sont connues pour avoir la capacité d’éclairer pendant 10 000 ou même 100 000 heures!
…

Je ne trouve pas les mots pour qualifier ce genre d’agissements.

 J’ai bien trouvé quelques traces sur le web, à propos d’obsolescence planifiée, qu’on nomme aussi  désuétude ou obsolescence programmée.
Mais presque rien.
Je peux citer le réseau écologiste « les amis de la terre » avec la déclaration suivante :

«Malgré une action en justice aux États-Unis, Apple innove régulièrement pour maîtriser la durée de ses produits».

Ce qu’on leur reproche?

-Six générations d’I-phone en cinq ans
-Trois générations d’I-pad en deux ans.

L’impact en exploitation de ressources naturelles est énorme, mais la surproduction de déchets atteint un niveau délirant.
Ici, on ne parle que des produits Apple réservés  à une certaine élite de notre société.
Il est toujours possible de s’abstenir d’acheter ce genre de produits et d’arriver à vivre.
Mais tout ce que nous achetons est conçu pour briser rapidement.
Combien de temps, de ressources et d’énergie pouvons-nous encore consacrer à la gestion des déchets et à l’endettement des gens moins fortunés?
Parce qu’il faut du personnel et de l’équipement pour traiter cette quantité ridiculement élevée de déchets générée pour enrichir ceux qui sont déjà immensément riches.
L’ironie de s’arrête pas là.
J’ai toujours dit et pensé que les riches payaient moins cher.
Parce qu’ils ont les moyens, sans payer d’intérêts.
…Si seulement on était moins pressé d’assouvir nos désirs….
Mais cela est un autre débat.
Enfin. Dans le besoin, je vois souvent les gens acheter le modèle X le moins dispendieux. Pas par choix, mais selon leur moyen.
Lequel modèle X ne fonctionne pas vraiment bien et finie par briser après un court laps de temps.
Forcé de racheter un nouveau modèle, le consommateur en question aurait pu s’acheter la version de luxe une première fois, au lieu d’acheter deux ou même trois modèles moins chers qui n’auront pas duré dans le temps.
Moins dispendieux (et efficace) sur le coup, mais beaucoup plus cher à moyen ou long terme.
C’est désolant.

Pourquoi n’existe-t-il pas un organisme chargé de réglementer tout ça?
Nous pourrions donner des crédits d’impôt aux compagnies qui font des efforts quantifiables en ce sens, et pénaliser les compagnies qui continuent à engranger des profits sans êtres redevables de leur comportement néfaste et pour l’environnement, mais aussi pour la société.
Je crois que nos ministres de l’environnement sont des bouffons.
Et ceux de l'économie sont les administrateurs du cirque.

jeudi 3 janvier 2013

-Ma muse et ses dragons (société)



Ma copine nous a abonné à Nouveau Projet.
De là, elle m'a offert leurs deux essais, soit La juste part et Année rouge.
J'ai personnellement bien aimé La juste part. On y trouve, entre autres, de bons arguments pour les indignés en herbes. 
Si seulement la masse des intransigeants et des indécis pouvaient le lire.
Pour les curieux, voici un article de la Presse qui devrait vous convaincre: voir l'article.
Seulement, voilà...
Si vous lisez ce blogue, c'est que vous êtes déjà curieux. C'est un signe d'intelligence qui diminue l'épaisseur du mur de la zone de confort.
Vous ne faites pas partie de ceux qui veulent empêcher à tout prix qu'on change le monde.
Vous êtes déjà trop allumés.

J'espérais me retremper dans ce genre de littérature avec Année rouge.
(si vous voulez voir un article du Devoir à ce sujet, cliquez ici)
Si ma blonde pouvait intervenir, elle vous dirait qu'elle avait hâte de me voir le terminer, cet essai.
Chaque page me replongeait dans un bain de colère. Je devenais irritable, colérique, découragé...

Charest est défait.
De justesse...
Rien n'a vraiment changé. Tout est à faire.


Durant cet été torride qui n'a rien eu à voir avec la météo, je me rappelle ne plus savoir quoi faire avec ce bouillonnement sanguin qui me montait aux tempes.
J'attendais à l'urgence depuis des heures et je me suis mis à écrire. Je couchais les mots sur mon carnet comme des cris aux visages des indécis.
C'est sorti sous forme de slam... Comme une complainte impuissante. Un avertissement.

J'ai fini par quitter l'urgence et rentrer chez moi, malade comme un chien, sans avoir rencontré de personnel médical.
Pendant ce temps là, à la radio, on entendait que le système de la santé va très bien.
Le Dr.Barette lui, disait qu'il allait forcer les médecins à travailler plus (sic).
Il y avait déjà un parfum de scandale qui émanait du CUSM.

"Ma muse d’excuses,
celle qui m’empêche,
Rétive revêche,
De m’accomplir, de m’envoler,
Qui me retient loin de mes rêves,
Me cloue au sol,
Qui m’extrapole.
C’est mon down d’héroïne,
C’est ma copine de calvaires,
Celle qui justifie mes échecs,
Qui garde mes ailes collés
Quand je suis en chute libre,
Que j’ai osé sauter,
M’élancer dans le vide.
Elle me sourit, m’embrasse,
Masturbe mes illusions,
Me fait un cum shot de procrastination.
C’est le morpion qui prend toute la place
Devant mes illusions de perfection.
Celle qui me dit qu’espérer,
Manifester, revendiquer, ça m’emmènera nulle part,
Qu’y aura jamais de nouveaux départs.
Je suis comme un volcan!
Je bous par en dedans!
Salope, fout le camp!!!
Le poing levé, je me sens damné,
Un gout de sang dans la bouche.
Un gout de fer salé.
Une envie de destruction,
Une rage de briser ma cage.
Un refus de destinée,
De docilité médiocre,
D’endormitoire programmé.
Je vomis votre propagande,
Vos belles promesses non tenues,
Vos clubs select,
Vos enveloppes brunes pleines de mon ca$h.
Votre SAAQ vide aux poches profondes.
Cessez de forer dans nos têtes pour y verser vos gaz sceptiques.
Vous avez contaminé mon âme.
Lucide mon cul : Je veux me purger de vous.
J’ai droit, je prends!
Je suis ensemble, je donne l’exemple!
Je fonce dans mes idées!
J’écris la naissance d’un monde meilleur,
Je crie aux insouciants,
Réveillez-vous! Y a du travail à faire!
Y a mon épaule à votre roue,
Y a mon eau dans votre moulin,
J'suis là, vivant, malin!
Mes yeux sont ouverts pour voir demain!"

Plus tard, en voyage à Cuba, j’ai pris le temps de relire 1984 de George Orwell.
Même sensation de vertige.
Même impression que c’est là qu’on s’en va.

Pour 2013, je veux travailler à construire du constructif.
Jeter des bases.
Agir.
Brasser des idées et donner l’exemple à mon échelle.
Ça vous tente?
Je vous invite!
À nos marques!
Prêt!
Écrivez, criez, vivez!
Inspirez!!!