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vendredi 10 janvier 2014

Le paradoxe sale (Philo-débat)



C’est le nom dont j’affublerais quelqu’un qui s’en sort toujours, peu importe ce qu’il fait, comment il le fait, ainsi que l’impact et les traces qu’il laisse derrière lui en agissant de cette façon.
Me viennent en tête plein de noms…
Cependant, le paradoxe nous colle aussi à la peau, bien malgré nous.
La preuve en est que cette journée, en apparence anodine, me réservait des surprises qui, selon le jugement de l’un ou de l’autre, allait devenir prétexte à m’amuser.

Peut-être était-ce le soleil radieux de ce beau mardi ou la belle matinée passée en belle compagnie avec ma cadette, mais je me sentais dans une bulle formidable que personne n’aurait pu ébranler. Pas même ce chocolat chaud qu’elle avait renversé sur ses pantalons.
On a tout ramassé, on a continué à rigoler et à discuter d’enjeux existentiels. L’importance d’avoir au moins une passion. Qu’elle soit assez forte pour nous tirer du lit et faire fuir Morphée, la queue entre les jambes.
Rien n’aurait pu entacher cette belle journée.

Premier paradoxe...
Après avoir laissé ma fille à l’école, en route pour acheter du pain sur le boulevard Jacques Cartier, je suis talonné par un kid à palette dans sa BMW rouge cerise.
Ici, permettez-moi de mettre un repère chronologique.
Mardi 03 avril à 10 :15hrs.
La planète web est parfois bien petite.
Ce moron du volant pourrait bien se reconnaître!
Donc…
Je disais,
Sur la route, j’hésite à doubler ce gros camion de pompier par la gauche. Nous sommes à l’approche d’une courbe assez serrée. Le petit monsieur derrière moi, cherche à savoir ce qu’il peut bien y avoir dans mon coffre arrière… Ou peut-être voudrait-il faire du caravan bottine en s’accrochant à mon véhicule? Il met pas mal de pression pour que j’accélère.
Comme de fait, une fois dans la courbe, le camion de pompier n’a pas vraiment le choix et gruge la moitié de la deuxième voie. Il y a parfois de bons côtés à avoir une tête de mule…
Une fois la courbe écartée du chemin, j’accélère à 59 km/h pour me ranger dans la voie de droite, devant le camion de pompier.
La BMW passe en vitesse, irritée par ma vitesse de pépère…
À ce moment, mes synapses échangent tellement d’influx électriques qu’on dirait qu’il y a un banc de corneilles qui jacassent entre mes oreilles. La belle journée est restée loin derrière.
Rien n’aurait pu entacher cette journée ?
Pourquoi n’y a-t-il jamais de polices dans ces moments?
Les nuages s’écartent, pour libérer d’énormes colonnes de lumières éblouissantes et les anges descendent sur terre sous l’apparence de lumières rouges et bleus.
La BMW est prise en chasse et la sanction est implacable.
Pan!
Une contravention!
Je suis sidéré.
Ça arrive aussi aux trous du cul!?!

En sortant du magasin de produit de boulangerie, je constate que la voiture de police n’est pas très loin.
Je m’arrête, descends de mon véhicule et m’approche des policiers absorbés à observer la circulation.
Bonjour, dis-je, un peu inquiet de faire sursauter les deux agents et de me retrouver dans le rôle de l’agresseur alors qu’une petite voix dans ma tête me demande avec nervosité ce que je peux bien foutre là…
Le conducteur retire ses lunettes fumées pour me regarder dans les yeux, prêt à tout.-J’ai vu votre intervention lorsque vous avez intercepté la BMW rouge, tout à l’heure! Il me collait et aurait bien voulu que je double le camion de pompier dans la courbe.
Vous avez fait ma journée, sans aucun doute.Le policier rigole.
-Alors je suis bien content d’avoir fait votre journée!
-Ça ne doit pas arriver souvent, que quelqu’un prenne le temps de vous dire ça?
Le policier me répond en éclatant de rire.

 Ben oui.
Ma journée est faite.
Ouin... Pour moi, c’est un peu paradoxal.

Quelques instants auparavant, je ne savais plus si ma journée était formidable ou non… Et voilà que ladite journée est sauvée parce qu’un citoyen vient de recevoir une contravention.
Croyez-moi, en ce qui me concerne, ça ne me ressemble pas du tout.


Deuxième paradoxe…Mon panier de provisions à la main, je me suis acheté une frite et je me suis trouvé une place pour m’asseoir.
Alors que je picosse mon butin comme une mouette, l’œil torve du prédateur se demandant qui aura assez d’audace pour venir me le chaparder, j’aperçois un futur rapace qui chigne et se démène dans les bras de sa maman.
Il pleure et proteste avec véhémence, ses boucles dorées contrastant avec son teint cramoisi de petit homme contrarié.
Je n’interviens que très rarement avec les enfants.
C’est devenu un sujet un peu tabou, dans notre société.
On entend tellement parler de pédophilie, d’agresseurs et de kidnappeurs d’enfants, que les regards inquisiteurs des parents ont la fâcheuse tendance à être perçu comme des accusations qu’on ne voudrait jamais ressentir, accompagnés d’un jugement horrible au potentiel qui glacerait le sang de n’importe quel bienpensant…
J’en sais quelque chose, je suis moi-même parent.
Je ne sais pas quelle mouche me pique.
Je tente quelque chose.
Décidément, quelle drôle de journée!
Fidèle à mon habitude de polémiste infantilisant, j’imite le petit monstre, en faisant la moue, en frottant mes yeux. Le contact est foudroyant.
Pas comique, de se retrouver dans un miroir de 43 ans.
Puis le sourire.
Décontenancée, c’est la mère et la grand-mère qui ne comprennent plus rien.
Qu’est-ce qui se passe avec le gamin?
Suivant son regard, ils finissent par me voir.
On échange un peu, les banalités de tous les parents.

-Pas facile

-Oui, mais on les aime tant.

 Puis le petit est rendu à ma table. Là, je deviens mal à l’aise. Parce que, comme parent je n’ai jamais aimé que mes enfants approchent des étrangers.
Ça tombe bien, j’ai fini ma frite.
Je m’apprête donc à déguerpir.
Il me lance sont plus tonitruant rugissement. Rien à voir avec un lionceau!
Wouaouh!
Qu’il est fier, ne lui manque que la crinière.
Je lui dis bye bye, accompagné d’un geste de la main.
Il me retourne la pareille.
Je vois ses grands yeux bleus, sa mère et la mère de sa mère.

Tout le monde est conquis. Moi aussi.

Dire que j’ai hésité à vivre ce beau moment à cause de considérations purement virtuelles qui, au fond, ne me concernaient absolument pas… C’est fou ce qu’on peut devenir psychorigide, quand on tient à rester dans notre zone de confort.


Troisième paradoxe…
Je fais la file, pour quitter l’empire de la surconsommation, Costco wholesale, qui contrevient allègrement à la loi 101 du Québec, où toute entreprise doit s’afficher en français.
Je me dis que mon panier est bien vide, à côté des autres.
Désolé Monsieur Costco, je n’ai plus les moyens de nourrir les grandes corporations de ce monde, car ceux-ci nous ont trop appauvris à tout vouloir prendre sans retenu.
L’économie locale est moribonde.
Enfin, c’est ce que les bulletins de nouvelles clament.
Pourtant, le magasin Costco est toujours  bien plein de consommateurs.
 Nous voulions nous donner un pays, mais nous jouons à la bourse et frayons avec le commerce international.
Je crois que pour le nouveau millénaire, nous devrions abolir les frontières plutôt qu’en créer de nouvelles, mais les cupides de ce monde n’ont déjà que faire des frontières. C’est peut-être notre dernière protection que de nous enfermer dans un pays.
Je ne sais pas.
Je crois que personne ne veut céder sa part de privilèges.
Si c’est pas dans ma cour, c’est correct.
L’homme étant ce qu’il est…
Il construit de grandes choses et fais de grands discours, mais il ne fait que rugir.
Il est encore bien petit.
Mais ses parents n’apprécient probablement pas qu’on lui parle.
Il ne sait manifestement pas quoi faire lorsque c’est le cas, de toute façon.
La dame qui vérifie que le contenu des paniers correspond à la facture me fait signe d’avancer.

-Bonne journée
Me dit-elle.

Je réponds en hochant la tête.
Quelques secondes passent.

-Bonne journée vous aussi! Désolé, mais j’avais un bout de frite entre les dents.
Elle éclate de rire.

-Je comprends, moi aussi je n’aurais rien dit!

C’est une belle journée, remplie de rire et de complicités.
Il n’y a pas si longtemps, je priais pour enfin pouvoir sentir le temps filer, doucement.
Je rêvais de voir s’écouler le temps paisiblement, de le palper. J’étais comme un jouet prit dans la tourmente d’une tempête qui se déchainait.
J’étais sans repères. Le travail prenait toute la place.
Puis mon poste a été supprimé.
Avant que je ne sombre, sous la tempête, engloutie dans l’onde qui se tapit sous les vagues furieuses.
J’ai fait naufrage chez moi, sur le chômage.
Je ne me suis pas noyé.
Je constate, avec un peu de recul, à quel point le surmenage et le temps supplémentaire nous tuent à petit feu.
Ils nous rendent laids, irritables, impatients, incohérents
Ils nous refaçonnent, diminuent notre jugement, nous rendent méconnaissables pour nos proches, mais aussi pour nous même.
Je vois le temps passer maintenant.
Je retrouve mon humour, mon altruisme. Je suis revenu à moi, en moi.
Je suis intact. Mais fissuré.
Maintenant, je fais quoi?
Comment je fais, pour travailler et voir le temps passer sans m’abimer dans le délire d’une société en perdition?
C’est quoi, la recette, l’amulette, la protection pour éviter de devenir un zombie qui mange aveuglément la chair de ses semblables?
Je ne veux pas devenir un paradoxe sale.




lundi 5 août 2013

Hymne à la roue qui tourne, et retourne, et re.... (Société)

Le silence qui règne dans cet endroit qui, normalement, bourdonne...
Difficile à rendre.


Pour la plupart des gens, ce n’est qu’un chantier poussiéreux.
Mais pour quelqu’un qui connait la musique, celle qui nous laisse fatigué le soir, les oreilles encore bourdonnantes d’acouphènes et les mains calleuses, il y a quelque chose de troublant.



Un calme surnaturel.
Dans quelques semaines, ce sera un énorme bureau à aires ouvertes qui fourmillera de travailleurs au téléphone, devant leurs écrans, tendus ou fatigués, voulant atteindre leurs objectifs imposés...
À scruter au loin l’énormité des ces couloirs parsemés de bureaux, à regarder les perspectives et les lignes créées par l’avidité d’en vouloir toujours plus, je perds le fil... 

Lorsqu’on gère autant d’employés, on devient déconnecté. L’altruisme et l’empathie sont aspirés par le nombre, dilués. Staline disait qu’une mort était une tragédie, mais qu’un million de morts, une simple statistique.
Leurs bureaux seront propres, le tapis, immaculé.

Pour ma part, lorsque je termine ma journée de travail sur un tel chantier, je mouche de la poussière jusqu’à tard le soir. De la poussière grise sur le blanc du mouchoir. La poussière du béton qui nous entoure et pousse vers le soleil jusqu’à nous laisser dans l’ombre.


Je vois… Des murs vierges en attente de prendre vie...
Coquilles vides, poussiéreuses.
Qu'est ce qu'ils disent déjà, dans ces livres sacrés de mon enfance qui sont maintenant dépassés par le web et les médias; tu es né poussière, tu retourneras poussière.
Je sens le spectre des travailleurs, ils bougent encore, dans l'air immobile.
Ça crie, ça bouscule le silence dans l'arrêt temporaire d'un rythme effréné.
Ça pousse de partout, comme une infection joyeuse, une nécessité implacable.



Il y a  tellement de chantiers, que parfois, ils se regardent, les yeux dans les yeux...
D’un côté des bureaux, de l’autre, des condos.



Poulaillers industriels avec vues sur la vie en accéléré.



Alors je quitte cette fourmilière vers un endroit où je pourrai respirer. Où la grisaille s’effacera devant la verdure et le chant des grillons.
Sentir mon cœur se synchroniser avec le son des ruisseaux. Fermer mes yeux et sentir l’humidité du lichen sous mes doigts alors que mon dos s’appuie contre l’écorce d’un arbre vénérable.



Atmosphère bucolique et travailleurs infatigables... 
Pas de repos, le butinage n'est pas seulement matière de mœurs légères... La roue tourne.



Je vois cette lanterne, déjà prête pour le quart de nuit...


Il faut déjà que je retourne travailler.


dimanche 24 février 2013

-Déroger du troupeau (société)


J’ai lu un article, la semaine passée, qui m’a propulsé une dizaine d’années en arrière.
C’est un texte traitant de dérogations pour parvenir à envoyer les enfants à l’école plus tôt.
Mes deux filles sont nées à cette période de l’année, qui fera qu’elles seront toujours un peu plus vieilles que les autres tout le long de leur parcours scolaire.
C’est une différence d’âge qui parait beaucoup durant les onze premières années, mais qui finit par s’estomper avec l’âge et l’expérience.
Il se trouve pourtant des parents qui veulent que leurs enfants entrent à l’école le plus tôt possible.
Ma copine m’en parle souvent. Elle travaille pour une commission scolaire. C’est, je la cite, la période de l’année où les enfants sont « donc intelligents».
Le téléphone ne dérougit pas. Il est des parents qui clament haut et fort que leur enfant est prêt et ne devrait plus attendre pour joindre et grossir les rangs d’écoliers.
Un système basé sur l’humain moyen, où un élève sur 10 décrochera avant de terminer son secondaire.
Un énorme moule qui ne tient pas compte de vos forces ni de votre créativité, mais de votre rythme à suivre comme les autres.
Ensuite, c’est la vie.
Beaucoup de travail, d’angoisses, de responsabilités.
Beaucoup d’envies.
Être mince, en forme, riche,  beau, avec un titre.
Parce qu’après avoir été formatés par le grand moule institutionnel, nous sommes happés par la machine médiatique qui nous conditionne à vouloir plus, comme tout le monde.
Chez nous, on s’efforce de tout déconstruire ça.
C’est pas facile.
Apprécier ce qu’on a.
Se rappeler qu’on a déjà beaucoup, avant de vouloir plus.
On a choisi de ne pas avoir la télé, seulement internet.
Mais la pub nous rattrape toujours.
Alors pour les dérogations…
Une année de plus, pour vivre son enfance.
Est-ce que c’est vraiment déraisonnable?
L’enfance est tellement courte, devant la vie d’adulte qui les attend.
S’il vous plaît, l’insouciance de l’enfance ne peut pas se racheter plus tard, avec une carte de crédit.
…





lundi 4 février 2013

-Comme une pièce… D’évidence (Politique, Société)


La nausée…
Parce que encore et encore.
Comme le film du jour de la marmotte.
Newton, 14 décembre.
Une école comme les autres. Paisible à l’heure des cours, turbulente durant les récréations, pleine d’espoirs et de passions naissantes.
Des détonations, des cris. Des pleurs.
L’horreur.
Un réveil brutal.



Quand va-t-on réaliser que des armes conçues pour la guerre ne doivent pas être en circulation à portée de toutes les mains?
J’ai le droit de conduire une automobile. À la rigueur, je peux même m’acheter un Hummer. Mais ai-je le droit d’avoir un tank?
En fait, est-ce que la question se pose???
Même le Governator, Monsieur Schwarzenegger est d’accord pour dire qu’il faut un plus grand contrôle des armes à feu.
Les statistiques confirment qu’il y a un sérieux problème aux É.-U.
La comparaison avec les autres pays industrialisés est sans pitié.
Et vous savez quoi?
Nous sommes voisins.
Nos gangs de rues, et nos criminels s’approvisionnent où d’après vous?
Une arme à feu entreposée à la maison est 43 fois plus susceptible de tuer quelqu’un y vivant que de tuer en cas de défense légitime.
Une arme à feu entreposée à la maison triple le risque d’homicide.
Le risque de suicide est cinq fois plus grand dans les foyers où il y a des armes à feu.
Aux États-Unis, on compte plus d’un meurtre toutes les heures.
Il y a un nouveau Newton toutes les 28 heures…
Parce que 28 victimes s’éteignent de façon violente toutes les 28 heures.
Heure par heure.
Un nouveau Newton…

L’argument des gens pour les armes à feu; les États-Unis ne sont pas le pays où il y a le plus de meurtres par armes à feu.
Les comparaisons sont faites avec des pays comme la Sierra Leone. Des pays ou la corruption et le chaos font partie du quotidien. Y vivre ou y mourir tient à bien peu de choses.
C’est un peu comme se demander si on peut se procurer un tank comme véhicule civil.
Ça ne tient pas la route.
Ça la défonce.
En fait, posséder une arme à feu n’est pas très différent de posséder une automobile.
Un fou furieux pourrait très bien utiliser son auto pour foncer dans une foule.
Régulièrement, un inconscient se sert de son auto de façon extrêmement dangereuse. Des vies s’éteignent, ou sont mutilées à jamais.
Mais voilà. Il y a réellement un contrôle des automobiles, avec une société pour s’en occuper.
Pourquoi pas la même chose pour les armes à feu.
En fait, chez nous, la SAAQ s’occupe aussi de la carte d’assurance maladie.
Pourquoi ne pourrait-elle pas faire ça aussi?
Ça nous ferait une belle grosse banque de données, pas trop dispendieuse.
Nos policiers pourraient utiliser cet outil. Certes, il y aurait encore des meurtres, mais au moins pas des carnages en règles.
Nous ne sommes pas près de comprendre pourquoi nous attendons l’impensable avant d’agir.
Newton risque de se reproduire encore et encore avant que nous puissions voir de réels engagements à changer les choses.

En passant, c’est moi où il y a de plus en plus de conducteurs agressifs sur les routes?

mercredi 16 janvier 2013

-Qui se cherche une cause? (société)



Mes collègues, mes amis, aiment bien parfois me taquiner parce que notre tribu reconstituée n’a pas la télé.
En fait, nous avons de quoi visionner des films, mais nous n’avons pas la télé. 
Celle qui nous assomme à grands coups de publicités. 
Celle qui fait notre éducation.
Les livres et les ouvrages historiques ne font pas le poids face à Hollywood.
Alors fidèle à mes principes, je lis.

Le journal, malheureusement, n’échappe pas à ce délire collectif.
Nous avons eu un été chaud, chauffé à vif, rouge.
Les médias sont souvent passés à côté des vraies questions.
On s’est attardé aux étudiants, pas au message.
Qui se rappelle des revendications étudiantes?
Qui se rappelle qu’il ne s’agissait pas seulement de l’augmentation des frais de scolarité?
Et les indignés qui supportaient les étudiants?
On n’entend plus parler d’eux.
On sait par contre que les bandits à cravates derrière le scandale de Nortel ne seront pas déclarés coupables.
Je trouve notre amnésie collective troublante.
Elle devient enrageante lorsque des citoyens deviennent agressifs pour pester contre ceux qui tentent par tous les moyens de nous éveiller.
Mais malgré tout, je crois qu’une nation nous  fait bien paraitre depuis quelques semaines.
À moins que des bonzes influents aient aussi besoin de se faire oublier en faisant mousser une cause qui ne devrait jamais mériter autant d’attention.
La population est dans la rue contre le mariage gai.
La Devise de la France est Liberté, Égalité, Fraternité.
Leur devise est à l’image de la nôtre… Je me souviens.

Je compte des gais parmi mes meilleurs amis.
Même en 2013, ça prend une sacrée paire de couilles pour sortir du placard. 
Même si on est lesbienne.
Il faut encore affronter les préjugés, ses parents, ses collègues.
Même si cette orientation sexuelle ne figure plus comme maladie dans le DSM, on le croirait encore à voir la réaction de gens plus conservateurs ou religieux.
Pourtant, je ne connais pas de gens aussi engagés à être heureux.
Ces âmes assez courageuses pour sortir du placard, que j’ai connus  et dans certains cas, que je connais encore, se sont épanouies. Ils se sont métamorphosés. Leurs ailes se sont déployées dans la lumière pour notre plaisir à tous.
Ils sont souvent plus équilibrés que bien des hétérosexuels que je connais.
Ce sont déjà, malgré leur jeune âge, des vétérans de la vie.
Ils ont dû se battre pour avoir le droit d’être heureux.
Ils sont fiers.
Ils savent le poids de la solitude, les affronts.
Jamais ils ne laisseraient quelqu’un faire du mal à ceux qu’ils aiment.

Je suis le père de deux magnifiques filles.
Mon cercle d’amis comporte beaucoup de parents.
Peu s’en sortent indemnes dans leurs relations.
Il y a tant de divorces.
Je vois des enfants qui souffrent de voir leurs parents se déchirer. 
Qui pourrait me convaincre qu’un enfant a absolument besoin d’une mère et d’un père pour être équilibré?
J’ai compris qu’avant tout, le couple idéal est composé de deux personnes qui s’aiment.
Des parents aimants, qui n’ont pas peur de montrer leur amour pour un et l’autre.
Parce que l’enfant fera ce que l’on fait, et non ce que l’on dit.
Le besoin primordial dans une famille, pour un enfant, c’est aussi de se sentir aimé.
Le couple parfait et équilibré est pour moi une chimère.
Qu’on m’en présente un, et je me ferai un plaisir de démontrer ses névroses.
Il n’y a pas d’équilibre absolu. 
Il y a la diversité.

Pour le reste, j’ai constaté qu’un enfant sans mère peut être présenté à une personne significative du même sexe et parfaire son éducation comme l’hygiène particulière à une fille, la coquetterie. Il en va de même pour un garçon sans père.
J’ai été élevé par une mère monoparentale, et je n’ai jamais eu le besoin de m’ouvrir les veines sur la place publique.
Je me suis enrôlé dans les forces armées, à l’époque, probablement à la recherche d’une figure masculine.
La nature est puissante.
Elle fait parfois bien les choses.
Parfois...

Des générations entières sont sacrifiées en Palestine.
La pauvreté fait des ravages dans les cités.
Nous savons qu’en 2006, la France fournissait  des pays comme la Colombie, la Chine, Israël, le Pakistan, la Russie et le Tchad en armes. Des organisations comme Amnistie internationale, Oxfam France, le Secours catholique, le Comité catholique contre la faim et pour le développement, Handicap international, la Ligue des droits de l'Homme et Médecins du Monde s’échinent à crier. 
Sans voix. 
Sans écho.

Par contre, il y a des gens, des voix, qui s’élèvent contre le mariage gai.
Des gens qui s’opposent au bonheur.
Je leur dis : trouvez-vous une vraie cause, ou je ne sais pas… Abonnez-vous à un club d’échec.

À défaut d'être utile, vous ne nuirez à personne...

lundi 14 janvier 2013

-La roue qui tourne…(société)


Elle ne tourne pas vite, mais elle n’arrête jamais.
Ce matin, un bol de café au lait à la main, le nez dans le journal…
Un matin comme les autres.
Comme demain sans doute, et la semaine prochaine, si Dieu ou quoi que ce soit le veut.
Si mon cœur ne flanche pas d’ici là.
Si ma raison ne s’effrite pas au point de ne plus me rappeler qui je suis.
Ahhh, l’arôme, le goût, l’effluve chocolaté d’espresso latté et la chaleur.
Quelle grisaille pourrait venir à bout de ce petit bonheur,  équitable de surcroit?
Le chroniqueur parle de notre bon parti conservateur.
Il mentionne l’absence totale de transparence, la volonté évidente de contrôler les médias à défaut de pouvoir les bâillonner complètement.
La bataille contre l’avortement et les homosexuels, l’appui inconditionnel à Israël, le glissement du Canada axé sur le pacifisme vers une nation belliqueuse.
Nous sommes en guerre contre la chine qui s’infiltre sournoisement dans notre économie et contre les islamistes, vastes communautés richissimes et puissantes  ou très pauvres et facilement endoctrinables.
Ce parti qui soulève aussi une volonté de ne pas tenir compte des effets écologiques désastreux de l’exploitation des pétroles bitumineux.
Une chronique de plus sur un sujet abondamment couvert, mais dont personne ne semble se souvenir.
À croire que les Canadiens de l’ouest ne lisent pas les journaux.
J’ai entendu parler d’un parti fédéraliste et socialiste qui prônait le christianisme.
Il luttait fort contre le chômage, proposait des loisirs et des fêtes pour la population.
Ce parti se voyait comme le grand protecteur de la nation, prêt à pourfendre les ennemis du peuple et de ses intérêts. En se dotant rapidement d’une armée de guerre puissante pour parvenir à ses fins, il a pu mener la guerre contre ses ennemis, mais aussi contre tous ceux qui s’opposaient à sa vision ou ne cadraient pas dans ses valeurs.
Les homosexuels.
Les artistes.
Les juifs.
Vous aurez compris que je parle du Nationalsozialismus, dont l’acronyme « Nazisme » est une contraction.
Je ne dis pas que les conservateurs sont des nazis!
Mais je sonne la cloche.
Gardons les yeux ouverts.
Avec les événements de l’été rouge 2012, il est facile de voir que le pouvoir politique peut prendre les moyens qu’il veut pour mater les gens qui ne seront pas d’accord avec ses décisions, aussi discutables soient-elles.
On voit aussi que les élus de tous les rangs sont presque intouchables.
(un petit vidéo pour les curieux à voir, ici)


Je vous encourage (encore) à relire  1984 de George Orwell aussi.
Pour comprendre l’incroyable force de la propagande. Pour saisir aussi que nul n’est à l’abri du conditionnement.
Plus que jamais, il faut faire preuve de jugement et agir.
Il est facile de sortir dehors en épousant une cause sans se casser les méninges.
On peut brandir le poing, et se retrouver dans le mauvais camp, sans avoir compris quoi que ce soit.
Victime d’un mouvement social.
Les passions rendent l’humain terrible et vulnérable.
Restez intègres et musclez votre pouvoir de réflexion.
Nous traversons une période noire.
Celle d’avoir à notre disposition des outils incroyables de communications et l’accès à l’information.
La possibilité de nous instruire, et de ne pas répéter les erreurs de notre histoire.
La capacité d’être créatif.
Et surtout, oui surtout, celle de ne rien faire.

Bon.
Mon café est froid maintenant.

vendredi 11 janvier 2013

-Lapsus historique…(société)



Je suis passé devant le motel 
R-100 hier midi.
Situé sur le boulevard Chambly, à la hauteur de l’aéroport de St-Hubert, un panneau sobre et discret qui passe inaperçu pour la plupart des automobilistes, mais qui s'éclaire la nuit venue.
En le voyant, je me suis dit que je devrais faire un court billet là-dessus.

Ce motel est d’ailleurs le sujet de bien des rigolades entre ma douce et moi. Nous  inventons des scénarios surréels de commis voyageur et de « siestes » cheaps dans ces motels où l’on loue les chambres pour quatre heures, le temps de… 
Le temps de quoi?
Bref.
C’est un motel…
La vie y est un peu plus sordide peut-être.
Quand on doit rester dans un motel, c’est qu’on est fatigué, paumé, ou pressé par le désir à bon marché.
Ça sent la réalité.
Ça sent les amants secrets, les prostitués, les techniciens épuisés de passage pour un contrat. Le gars largué qui n’a plus de maison, qui s’est poussé loin de ses responsabilités. Celui qui a fait une rechute et dont la raison, noyée dans l’alcool, ne se rappelle même plus qu’il a une famille quelque part, dans une maison trop vide d’un père attentionné, attendu.
J’ai de bons souvenirs de ces petits motels, parfois très vieux, de Victoria, proche du Pacifique.
On n’y va rarement par choix… 
Plutôt pas nécessité.
J’aurais parfois bien aimé que les murs me racontent leurs histoires.
Déjà que j’en ai rapporté moi-même.
Des histoires tristes, des joyeuses. Du personnel et des clients qui se retrouvent dans ce monde intemporel. Flottant entre deux époques. Quand on passe beaucoup de temps dans les motels, on a tout vu.
Il faut le vivre pour le croire.

Mais je m’égare.

Je voulais vous parler du motel R-100.
J’ai trouvé un excellent article de la presse ou il en est à peine question. 

On y parle beaucoup des dirigeables par contre.
Le R-100, et son rival jumeau, le R-101.
Daniel Lemay fait même la remarque suivante :

«  Il y avait le R-100, le dirigeable «capitaliste», construit par la Vickers, et, dans le hangar d'à côté, le R-101, le dirigeable «socialiste», conçu par une société d'État formée par le gouvernement travailliste en 1924. »

C’est une tranche fascinante de notre histoire que je ne connaissais pas.
J'avais trouvé une vieille photo d'archive Canada. Je l'avais dédoublé avec un effet miroir pour en faire l'entête du blogue.
Dorénavant, le R100 fait face au R-101.
D’où le titre de "lapsus historique" et le petit changement sur l’en-tête.
Une vieille photo qui, un peu revampée, devient plus actuelle que jamais.

Quelle belle image pour illustrer les enjeux actuels auxquels notre société fait face.






Pour les curieux comme moi, une petite capsule vidéo sur le R-100 
J
Et si vous supportez d'entendre les craquements d'un très vieux disque (attention, c'est vraiment très intense), il y a aussi une chanson d'époque de La bolduc: 
Toujours L'R-100 




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jeudi 3 janvier 2013

-Le choix (Philo-débat)


Choisir, c’est renoncer.
C’est se libérer des autres possibilités pour s’approprier un bout de chemin.
C’est tuer la victime en soi.
C’est crier haut et fort : je suis libre de faire ce que je veux jusqu’à ce que je choisisse autre chose!
C’est parfois même choisir sa propre croix pour en atténuer l’horreur.
C’est là que tout cesse d’être limpide.
Renoncer, pour moi, est le prélude avant de lâcher prise.
C’est la frontière qu’il faut franchir.
Un styx que nulle barque ne peut traverser sans faire naufrage.
J’y vois l’échec grimaçant qui savoure sa victoire et mon sang qui se glace.
Choisir entre un job aliénant ou une carrière excitante mais sans sécurité financière?
Choisir entre mettre du pain sur la table pour les enfants à tous les jours, ou leur donner comme modèle un homme éteint et soumis qui accepte de mourir un peu, à chaque jour qui passe, submergé par une existence inutile sur le chemin d’un non destin.
Les choix, pour moi, sont toujours difficiles. Ils sont le barrage dans le flot de mes rêves.          
Je comprends le principe, qui fait qu’une victime reprend le pouvoir de son existence lorsqu’elle choisit pleinement sa condition et l’assume complètement.
Je le comprends, mais je deviens fiévreux, fatigué. 
J’ai de la difficulté à me concentrer.
Je résiste et je lutte jusque dans mon inconscient. Je suis programmé de cette façon.
Je finis par arriver à choisir, mais au prix d’une lutte épuisante avec moi-même.
Évidemment, j’imagine qu’on peut aussi choisir de ne pas choisir et assumer le résultat.
Mais il y a toujours cette voix qui réclame d’avoir le choix.  Elle ne veut rien céder.
C’est la peur de faire le mauvais choix. C’est aussi celle de déplaire.
La crainte d’être poursuivi par le regret d’avoir été inapte à bien choisir.
Choisir d’étudier un métier qui finalement, ne convenait pas.
Avoir des enfants avec une partenaire qui n’en voulait peut-être pas.
Et pourtant.
Nos échecs forgent notre fort intérieur. Comme mon grand ami Nietzche, à qui je ferais bien une jambette de temps en temps, dit si bien; « Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort ».
Même si ça n’a pas marché avec la mère de mes enfants, je ne pourrais imaginer avoir eu des enfants avec quelqu’un d’autre. Ils sont la prunelle de mes yeux, mon oxygène.
Ils me remuent l’intérieur d’inquiétudes et de joies.
Je ne voudrais revenir en arrière pour rien au monde et risquer de perdre ce cadeau précieux, acquis dans l’adversité d’une relation qui n’en aura jamais été une, au final.
Tout!
Tout m’indique que je dois apprendre à faire des choix facilement.
Ce que je suis devenu.
Ce que je vais devenir.
Pourquoi lutter… Que faut-il comprendre de ce handicap crasse qui me turlupine et me vide parfois de mon énergie?
Lutter, c’est vouloir survivre. C’est chercher à conserver ses acquis.
On  ne lutte pas pour quelque chose qui nous tue à petit feu.
Ou peut-être que si?
Qu’y a-t-il de payant à être malheureux, à manquer les belles opportunités?
Où est le réconfort de s’enfoncer dans la dépression quand le salut est dans ce grand bol d’air frais qu’est l’action et le renouveau?
Est-ce la peur d’être responsable? De ne plus pouvoir blâmer personne d’autre que sois même?
C’est peut-être la peur d’empirer sa situation en faisant un nouveau choix qui ne sera pas porteur des promesses escomptées.
La peur…
Qui paralyse.
Qui détourne notre regard de l’horizon et nous force à contempler le passé.
Celle qui nous attache dans l’obscurité pour nous «protéger » de la lumière.
Je persiste à dire que sans rêves, il est presque impossible de s’épanouir...
 Mes rêves sont dans une impasse. Ils sont si lointains, que j’entends à peine leurs murmures à travers les brumes.
Je ne sais plus vers où aller. J’ai perdu mes repères.

Je ne sais pas dans quel métier me diriger. Rester travailleur autonome?
Devenir salarié?
Retourner aux études?
Tout ça en même temps?
Lorsque j’aurais enfin compris ma place et trouvé ma voix, je pourrai foncer vers l’avant.
Tout sera limpide, plus simple. Je pourrai canaliser mes énergies et redevenir efficace.
Alors le choix sera simple.
En attendant, il me faut lutter.
Je dois trouver le bon choix. Ou lâcher prise, et me laisser voguer…
Ah non!
J’ai déjà choisis de chercher…
Chercher le bon choix, rien de moins.
J’assume cette quête personnelle vars le bonheur professionnel.
J’accepte que ce ne sera peut-être pas facile.
Alors…
Alors quoi?
Afin de laisser la place à la réflexion, sans autre épilogue, Je choisis donc de cesser d’écrire sur le choix.
Faut bien commencer quelque part, non?